Grande Muraille Verte : la société civile djiboutienne mobilisée

Publié le 12/01/2022 - 16:25
Mis à jour le 17/06/2022 - 12:45

Alors que la 6e réunion annuelle du comité directeur régional de la Grande Muraille Verte s’est tenue à Djibouti, la plateforme des partenaires de la GMV met à l’honneur la société civile djiboutienne. 

La République de Djibouti est particulièrement impactée par le changement climatique, qui se traduit notamment par une modification du régime de précipitations et donne lieu à des inondations et de fortes sécheresses. Ces sécheresses successives ont entraîné une dégradation des pâturages, le tarissement des points d’eau et la diminution du cheptel. Elles ont rendu vulnérables les populations qui tirent l’essentiel de leurs revenus de l’exploitation des ressources naturelles. 

La Grande Muraille Verte est une opportunité pour inverser cette tendance. Dans se contexte, les initiatives de la société civile djiboutienne se multiplient. Créée en 2017, la coopérative 100% féminine « Women Initiative Djibouti » se mobilise pour préserver les ressources naturelles et l’environnement, réduire la pauvreté et soutenir l’entreprenariat des femmes.

Plus de terres pour les femmes !  

« Nous restaurons des terres dégradées et les offrons gracieusement à des femmes afin qu’elles les exploitent de manière durable » explique Fihima Mohamed, Présidente de Women Initiative Djibouti En zone urbaine, les parcelles agricoles sont généralement mises en vente par l’État. Dans la majorité des cas, les femmes n’ont pas la capacité financière d’acquérir ces parcelles. La coopérative Women Initiative Djibouti s’est donc saisie de cette question. Sa solution : en collaboration avec les autorités, récupérer des terres dégradées et abandonnées, les restaurer avant de les offrir à des productrices qui peuvent ensuite les exploiter. La condition : une gestion durable, écologique des terres.

Women Initiative Djibouti

 

Planter l’espoir 

Depuis 3 ans, Women Initiative Djibouti intervient dans la capitale djiboutienne : 30 ha de terres dégradées ont été restaurés dans le cadre du programme « Plantons l’espoir ». 37 productrices exploitent ces terres autrefois dégradées et pratiquent le maraîchage et l’arboriculture. Mais il faut aller plus loin. « Nous pouvons dire que cette initiative pilote a été un succès. Aujourd’hui, des centaines de femmes viennent toquer à notre porte car elles souhaitent la même opportunité ! » souligne Mme Mohamed. La coopérative ambitionne d’obtenir plus de terres et continuera à accompagner les femmes qui ont rejoint le programme en leur permettant de se professionnaliser davantage.

Actions

 

L’enjeu est également de sensibiliser l’ensemble de la communauté sur la nécessité de s’engager dans la lutte contre la désertification et le changement climatique. La coopérative a planté 9 000 arbres dans la capitale pour « montrer la valeur de l’arbre ». Elle documente ses travaux et produit des vidéos pédagogiques diffusées sur une page Facebook créée à cet effet. « Pour nous la GMV n’est pas un rêve ! Pour sa réalisation, nous devons tous apporter notre pierre à l’édifice. »